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2010, May 10
 
 
 
"Au début, il y avait ce petit village major-
quin..."
 
 
 
"Ce n'est pas moi qui amène la culture, mais les copains."
 
 
 
 
"Je ne suis pas né derrière le bar, mais presque."
 
 

Bars et cafés : Jean-Philippe Perez

Au début, il y avait ce petit village majorquin, Soller. "Endroit magique", l'appelle Jean-Philippe Perez, le patron de la Brasserie Le Dôme à Montpellier. À l'époque de ses grands-parents, ce coin superbe était très pauvre, et beaucoup de gens n'avaient pour dernier recours que s'expatrier en France. Parmi ces gens se trouvaient aussi ses grands-parents...
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Montpellier, Brasserie Le Dôme
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Dans ces fameuses années de misère, autour des années 20, ceux qui, plus tard, seraient les "aïeuls" des Perez de Montpellier, avaient 18 ans. D'abord, ils ont atterri à Dijon où, selon leur habitude, ils ont travaillé dur. En 1937, ils sont enfin arrivés à Montpellier où ils ont acheté un café situé au coin du Cours Gambetta et de l'avenue Georges Clémenceau qui - d'abord sous leur propre gérance, puis sous celle de leur fils et, enfin, de leur petit-fils - est devenu notre Brasserie Le Dôme bien connue.
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"Je ne suis pas né derrière le bar, mais presque", explique avec son sourire charmant l'homme qui dit de lui-même d'être d'un naturel timide. Déjà au temps de son grand-père et, plus tard, quand son père a pris le relais, Jean-Philippe Perez a passé beaucoup de temps au Dôme. À partir de douze ans, il lui est arrivé d'y travailler occasionnellement, pour se faire un peu d'argent de poche. "Ça s'est fait tout naturellement", commente-t-il.
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À cette époque, le bar n'avait pas le même aspect qu'aujourd'hui. La mezzanine n'était pas encore construite, et même l'architecture de la partie principale a changé depuis lors. Or, il y régnait déjà cet "esprit bohème" si cher à Jean-Philippe et aux Montpelliérains. "Ici", explique-t-il, "les gens découvrent une sorte de 'microsociété' avec tout l'éventail de la société. Et c'est ce qu'aiment les artistes." Son regard embrasse les gens au bar : on bavarde, on discute, on rigole, des solitaires qui réfléchissent ou lisent les journaux que le Dôme met à la disposition de ses clients, des gens venus pour un verre, pour manger, pour sortir. L'ambiance est animée et calme en même temps, des voix qui se mélangent, mais personne qui dérange le sentiment du bien être...
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"Oui," Jean-Philippe Perez reprend-il la conversation avec la Revue online de la Vie de Montpellier, "l'ambiance du café se prête aux artistes. C'est comme dans une vraie brasserie, il y a vraiment du tout : des lycéens, des familles, des papis, des avocats - des gens de toutes classes et de tous âges. Et c'est la diversité des gens qu'on rencontre ici qui donne envie aux artistes de venir pour parler art."
 
 

Jean-Philippe Perez : Brasserie Le Dôme

Jean-Philippe Perez : page 1
Jean-Philippe Perez : page 2
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L'art et les artistes, un sujet qui lui tient à coeur. Toutefois, "ce n'est pas seulement les beaux arts qui m'intéressent, mais tout ce qui est culture", explique-t-il. Quand il était jeune, il était déjà un client fidèle du Diagonal et comptait beaucoup d'artistes parmi ses amis. Plus tard, lorsqu'il avait atteint l'âge de voyager, il a commencé à fréquenter les musées des villes qu'il a visitées.
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Lorsque, finalement, Jean-Philippe Perez a succédé à son père dans la gérance de la Brasserie Le Dôme, il a immédiatement repris l'idée des
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Montpellier, Brasserie Le Dôme
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expositions de tableaux. Ensuite, il a commencé à prêter des salles à des manifestations culturelles. Depuis ce jour, il n'y a pratiquement plus de soirée où il ne se "passe pas quelque chose". Les artistes et les personnages de la culture régionale défilent au Dôme : Antoine Pereniguez, le gérant du Diagonal, en a fait sa "cantine" et attiré des personnages du monde du film. Des gens comme Henri Talvat, ancien responsable de la culture montpelliéraine ou Jean-Paul Montanari, directeur du Festival international Montpellier Danse, sont devenus des habitués. Antoine Pinilla Munoz, pianiste et "pilier" du
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Jean-Philippe Perez, Montpellier
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bar, comme l'appelle Jean-Philippe, est devenu un ami. "Ça fait six ans maintenant que nous organisons des concerts de jazz ensemble." Car, "ce n'est pas moi qui amène la culture, mais les copains." D'autres gens ont organisé des cafés à thème les plus divers : le café philo, le café théologique, le café des cinéphiles, l'astronomie, l'astrologie, la santé, la politique ou, depuis deux ans, le café Babel.
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Jean-Philippe Perez est-il un mécène ? - "Non, se terme ne me plaît pas", répond-il avec sa modestie habituelle. "Il s'agit plutôt d'un échange. Tout m'intéresse, tous les gens m'intéressent. Puis, ces manifestations donnent de prestige à l'endroit et, finalement, les gens consomment aussi. La Brasserie Le Dôme ne peut qu'en profiter."
 
 
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