Langues : Béatrice Biard
À 23 ans, après l'école d'infirmière et un peu de travail dans une clinique, elle a compris que les soins, ce n'était pas son monde. "Je suis quelqu'un qui vit trop la souffrance des autres. Je m'implique beaucoup trop."

C'est de cette époque que date l'idée de monter elle-même "quelque chose". Depuis toujours, elle avait honte de s'avouer ce que, en ce moment, elle a considéré comme son véritable talent : "C'est un peu par refus de mon vrai métier que j'ai fait l'école d'infirmière. En vérité, je suis très manuelle, avec des doigts de fée. Dans mon milieu d'enfance, les métiers manuels avaient mauvaise réputation." Mais le jour était venu où Béatrice Biard voulait être "elle-même".
"Avez-vous un esprit révolutionnaire ?" - Béatrice Biard réfléchit. Elle sourit. "Plutôt…", elle hésite, "je fais plutôt ma petite révolution individuelle."
Et puis, ce stage de tissage en Finlande s'est présenté. Les pays du nord, c'était très loin pour Béatrice, un vrai changement d'horizon. Son goût de l'aventure - partir à l'étranger - et l'envie d'apprendre enfin un métier manuel étaient donc satisfaits tous les deux en même temps. Le courage de vivre du "nouveau" ne lui a jamais manqué.
Ensuite, tout a changé. Un stage de quelque mois s'est "transformé" en un séjour de huit ans, avec un mari finlandais avec qui elle a eu quatre enfants et un beau-père qui, au cours de conversations qui duraient des heures et des heures, lui a appris le finnois.
C'est ici qu'est née l'idée - et l'enthousiasme - d'enseigner sa langue. "L'idée est devenue de plus en plus concrète, très concrète à la fin, et petit à petit je me suis formée dans ce sens." Béatrice Biard avait enfin trouvé sa vocation. L'enseignement lui permettait de créer sa propre entreprise - son rêve depuis toujours - et il lui faisait plaisir.
Cela fait trois ans, maintenant, que Béatrice vit de nouveau à
Montpellier, avec son plus jeune fils. Ses journées sont consacrées à Magellangue, son entreprise de rêve qu'elle a enfin pu créer : "C'était mon désir de revenir en France. Au début, j'ai beaucoup aimé la Finlande, mais après… vivre dans un pays étranger, pendant un certain nombre d'années, permet de retrouver sa propre culture. Et ma culture est à Montpellier.
A-t-elle toujours envie de voyager, de vivre ailleurs ? - "Vivre ailleurs - je ne sais pas. S'il y a une occasion qui se présente… mais non, là, maintenant, je me suis installée à Montpellier et j'ai commencé à monter mon projet…"
Au moment où elle s'est décidée, elle a foncé : "J'ai fait des études de langues, notamment du français pour étrangers, et j'ai passe la maîtrise
fle (français langue étrangère), puisque je voulais avoir un véritable diplôme."
Entre-temps, les langues sont devenues son véritable amour. Elle parle le finnois et l'anglais, et elle comprend l'allemand. "Une langue exprime la culture, et une culture est exprimée par une langue."
Quel groupe cible-t-elle avec Magellangue ? - "D'abord les Européens, bien sûr, mais ensuite, pourquoi pas, le monde entier." Selon Béatrice Biard,