Psychologie : Françoise Mariotti
"Quand on s'intéresse aux gens, on les écoute. Cela me semble naturel." Françoise Mariotti est psychologue. "C'est un métier qui rend humble", explique-t-elle. "Encore aujourd'hui, après toutes ces années, je suis éblouie chaque fois qu'un nouveau client me fait confiance, et je suis touchée qu'il soit prêt à s'ouvrir à moi."

Il est clair que le métier de psychologue donne parfois des doutes - "je me remets souvent en question." Mais il procure surtout de la joie "...quand je sens que la séance a été utile, quand la personne devant moi m'a livré sa propre joie. Ou la joie de voir qu'un jour, on n'a plus besoin de mon aide. Quand mon client va mieux, c'est un moment magique."
Être psychologue, cela signifie partager. "On ne fait pas que souffrir ensemble. Au contraire." Pour Françoise Mariotti, ses clients ne sont pas à proprement parler des "patients". "Je ne suis pas au chevet de la personne. Dans nos relations, il n'y a ni pouvoir, ni autorité. Nous avons une approche de personne à personne - à tout moment, thérapeute et client sont sur le même niveau."
Qui est Françoise Mariotti, celle qui incarne en même temps la femme, la psychologue et la philosophe... ? - "Je me sens citoyenne du monde, avant de me penser comme femme."
Françoise Mariotti aime dire qu'il y a plus de deux sexes - ou genres - dans notre société. Déjà il n'y a pas seulement les relations entre femmes et hommes, mais aussi celles des femmes avec les femmes et des hommes avec les hommes. Ces relations comptent. "On n'est pas des hommes et des femmes, mais des personnes. Nous n'avons pas à être pas enfermés dans notre sexe, notre âge, notre couleur,..." Et elle ajoute : "Catégoriser, c'est un manque de respect, envers nous-mêmes et envers les autres." Elle s'intéresse au droit des femmes, et elle organise des cafés discussion sur la relation entre les genres et la position de la femme et de l'homme dans la société.
Son engagement se reflète aussi dans ses relations avec les clients. "Pour moi, il y a peu de différences entre femme et homme." Elle rit. "Je place le mot 'femme' avant celui de 'homme' parce que le 'f' figure devant le 'h' dans l'alphabet." Puis, elle redevient sérieuse. "Et il n'y a pas de différence non plus entre mes clients hétéros et homosexuels. Nous avons à quelques degrés près les mêmes problèmes, la souffrance dans la vie est pareille pour tout le monde." Ainsi, le poids de souffrance d'un homme qui, par exemple, doit se décider entre son épouse et sa maîtresse ne se distingue pas de celui d'une femme qui découvre son homosexualité et doit choisir entre sa famille et une vie sexuelle épanouie. "Beaucoup de mes clients souffrent de problèmes sexuels, hommes et femmes. Il y a violence, inceste, infidélité..."
Celui qui rencontre Françoise Mariotti lors d'un de ses cafés à Montpellier et à Saint-Gély-du-Fesc ou à l'occasion d'un des "cafés philo" à Montpellier qu'elle fréquente avec beaucoup d'engagement, voit en elle une femme courageuse, décidée, sûre de ce qu'elle attend de la vie. Et il a certainement raison. Toutefois, dans sa vie privée, Françoise est plutôt rêveuse. "J'ai besoin de rêver, de planer. Je me laisse parfois aller à ne rien faire. Je contemple les roses dans mon jardin, mon regard suit les nuages... J'ai besoin de ce temps-là pour me ressourcer."