Psychologie : Françoise Mariotti
"J'étais à l'hôpital, et je me demandais, comment m'occuper de mes deux enfants. Je n'avais qu'une seule pensée en tête : quand pourrais-je sortir ?" La réponse du médecin n'était bizarre qu'à première vue : "Il disait que cela ne dépendait que de moi." Ce fut à ce moment que Françoise Mariotti découvrit le pouvoir de la pensée sur le corps. "D'abord, cette idée me semblait incompréhensible. Je voulais donc creuser la question plus profondément." Et comment creuser plus efficacement une telle question que par des études de psychologie... ?

Mais l'expérience de la pensée qui est capable de guérir le corps n'était pas sa seule motivation. Déjà, il y avait sa mère. "Ma mère était très dépressive, et elle a pris beaucoup de médicaments." Françoise n'aimait pas la voir dans cet état : "Quand elle était endormie par ses médicaments, j'avais l'impression qu'elle n'était pas là pour moi. Et elle me manquait beaucoup." Elle se disait alors qu'il faudrait essayer de ne jamais prendre de tels médicaments.
Après la naissance de son premier enfant qui déclencha une grosse dépression, cette décision l'aida à retrouver son équilibre. "Je suis tombée sur une psychothérapeute avec qui je pouvais parler, parler, parler... Et ça a aidé, même si, à cette époque-là, je ne comprenais pas encore, pourquoi."
Le désir de "comprendre, pourquoi", la mise en question permanente, est un des traits essentiels de Françoise Mariotti. "Pour moi, il ne suffit pas qu'on 'montre' les choses, Il faut les 'démontrer'." Ainsi, au lieu de se lancer dans la psychologie freudienne, elle opta pour la psychologie expérimentale qui est "plus rationnelle". Cette branche de la psychologie "se sert de la méthode scientifique. On fait des recherches pour découvrir des choses nouvelles en formulant des hypothèses sur le fonctionnement humain et se donnant les moyens de voir, si les données que nous recueillons vont dans leur sens."
Ainsi, la thèse que Françoise Mariotti écrivit à l'université de Montpellier traite de la méthode expérimentale en psychologie. "Ce qui me plaît dans cette méthode, c'est le respect de l'être humain. On ne propose pas des théories sans les avoir mises à l'épreuve."
Aujourd'hui, la psychologue comprend le pouvoir de la pensée sur le corps, et elle sait s'en servir pour aider ses clients. Mais avant tout, elle écoute. "Écouter n'est pas se taire. Quand on parle à quelqu'un qui écoute réellement, la pensée apprend à s'exprimer. Les mots qui pèsent sortent du corps, et le corps respire mieux."
"Je me sens thérapeute Rogérienne." Carl Rogers, psychologue humaniste et "inventeur" de l'écoute active développa une méthode psychothérapeutique non directive : l'approche centrée sur la personne. "La méthode de Rogers se base sur la liberté de l'autre. Je n'impose rien à mes clients. Et je ne me centre pas sur un problème, mais sur la personne. Une personne n'est pas un 'problème à résoudre', mais un humain avec ses expériences, ses souvenir, son vécu."
Françoise Mariotti n'est pas "neutre", comme on l'attend peut-être d'un médecin thérapeute. Elle accueille ses clients avec cette chaleur humaine qui émane d'elle, et met en oeuvre les attitudes apprises en formation : empathie, authenticité, regard positif inconditionnel, et quand la personne arrive avec "une pelote pleine de noeuds, on la dévide ensemble."