Nicesse Tassot : Tropic Délices, Montpellier
sévèrement critiqué. "Ils m'ont enseigné la cuisine marocaine. Au Maroc, on utilise toujours des légumes frais, et le couscous n'est pas simplement cuit, mais entièrement travaillé - c'est cela la différence essentielle." Selon Nicesse Tassot, la viande ou les légumes surgelés n'ont pas leur place dans la cuisine orientale et encore moins dans un bon couscous.
Et Nicesse a prit goût à faire de la bonne cuisine marocaine. "Grâce à la famille de mon compagnon, j'ai appris les vraies traditions culinaires orientales. Ensuite, je me suis acharnée." Pleine d'enthousiasme, Nicesse Tassot a commencé à faire des recherches dans les livres et sur Internet, et elle a essayé toutes les recettes de la cuisine orientale qu'elle a pu trouver : "Mon compagnon et mes amies étaient mes cobayes. Ils ont goûté à tout." De cette manière, elle a vite pu distinguer entre la bonne cuisine orientale et la très bonne cuisine orientale...
"Ma culture culinaire s'est enrichie de plus en plus - sans que je m'en rende compte." Elle faisait de bons thés - "c'est mon beau-père qui m'a donné la technique pour faire un vrai thé" - de bons tajines, de bons couscous... Il y avait, par exemple, le cas d'un des "secrets" de la cuisine marocaine. Une femme marocaine lui a révélé le geste "ultime", nécessaire de transformer un bon couscous en un couscous supérieur. Ensuite, elle a appliqué ses nouvelles connaissances à un plat de couscous qu'elle a servi à une amie. "Elle n'en revenait pas. Elle a dit que mon couscous avait le même goût que celui de sa mère."

Un peu plus tard, c'était à sa famille antillaise de découvrir la cuisine orientale. "Lorsque je leur ai rendu visite, je leur ai préparé tous les bons plats orientaux, les couscous, les tajines... que je connaissais." C'est à travers la nourriture orientale que ses parents, ses frères et sœurs ont fait connaissance de la culture de son compagnon. "Ils ont été étonnés et heureux de découvrir ce côté de moi."
Nicesse Tassot a réalisé son rêve. Elle est traiteur oriental, son entreprise Tropic Délices existe depuis trois ans. Elle propose des repas orientaux et antillais, mais toujours halal. "Pour les musulmans, Tropic Délices est devenu la possibilité de manger halal sans être obligés de manger oriental. Et ils savent que je suis là pour livrer la nourriture - orientale et antillaise - quand ils font la fête." Pour les autres, par contre, manger halal est devenu un synonyme de qualité : "Les Français comprennent que halal, c'est toujours de la viande fraîche et les légumes du marché." Viande fraîche, pour Nicesse Tassot, rime avec qualité française. - "On sent la qualité au goût." Son compagnon a eu une formation de boucher... "Il m'a donné beaucoup de pistes sur ce point."
Son compagnon, sa belle famille et ses amies sont restés les meilleurs critiques des plats de Tropic Délices. "Ils ne laissent rien passer. Ils ne permettent pas que je livre une cuisine de qualité moyenne - ils veulent que mes clients ne connaissent que le meilleur de la cuisine orientale et antillaise."
Nicesse Tassot se sent bien à Montpellier. "C'est ici que j'ai rencontré mon compagnon, que mon fils est né et que je me suis construite comme je suis aujourd'hui." Toutefois, elle aimera toujours les Antilles. "C'est une sorte de maison de repos pour moi. J'y vais pour me ressourcer. Mais pour vivre, ma place est ici, à Montpellier. C'est ici que mon fils doit grandir."